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Statements

45ème OS du CAEDBE : Déclaration de l'IHRDA sur la situation des enfants en RDC et au Soudan

Honorable Président et membres du Comité africain d'experts sur les droits et le bien-être de l'enfant (le Comité),

Excellences,

Honorables délégués d'État,

Mesdames et Messieurs,

L'Institut des droits de l'homme et du développement en Afrique (IHRDA) félicite le Comité pour la convocation de sa 45ème Session ordinaire. Nous saluons les efforts inlassables du Comité pour défendre les droits des enfants à travers l’Afrique.

Nous sommes extrêmement préoccupés par l’impact des conflits sur les enfants à travers le continent. Nous sommes particulièrement préoccupés par les crises dévastatrices qui se déroulent à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et au Soudan. Ces conflits en cours affectent gravement la vie de millions d’enfants, les privant des droits humains les plus fondamentaux. Alors que nous nous réunissons ici sous le mandat de ce Comité pour promouvoir, fournir des conseils et surveiller la mise en œuvre des droits des enfants, nous devons faire face à l’impact profond que ces conflits ont sur les membres les plus vulnérables de nos sociétés. Les violations suivantes, parmi les plus flagrantes, méritent l’attention immédiate du Comité :

  1. Violences sexuelles et basées sur le genre
    Les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée par le conflit, la violence sexuelle étant utilisée comme tactique ou comme arme de guerre. Selon des rapports récents, un nombre effarant et stupéfiant de 895 cas de viol – soit en moyenne plus de 60 par jour – ont été signalés dans la région du Nord-Kivu rien qu’en février 2025, y compris contre des enfants. D’autres rapports indiquent que le nombre de cas de viol traités dans 42 établissements de santé a quintuplé en une semaine entre janvier et février 2025. Parmi les personnes traitées, 30 pour cent seraient des enfants. De même, le conflit au Soudan a exposé les filles à des risques accrus de violence sexuelle de la part des forces armées, notamment le viol, le mariage forcé et l'esclavage sexuel. L’absence de responsabilité pour des crimes aussi odieux perpétue un cycle d’impunité, laissant les survivants sans le soutien et la justice qu’ils méritent.
  2. Recrutement et utilisation d’enfants par les groupes armés
    En RDC et au Soudan, des rapports indiquent que des enfants âgés d’à peine 12 ans sont recrutés ou contraints de rejoindre des groupes armés, notamment par enlèvement. Ces enfants sont souvent utilisés au combat et dans des rôles de soutien tels qu'escortes, porteurs, espions, fétichistes et esclaves sexuels. Ils sont soumis à des formes extrêmes de violence, notamment des abus sexuels, du travail forcé et des traumatismes psychologiques. Beaucoup sont contraints de commettre des actes de violence, ce qui leur laisse des cicatrices psychologiques durables. Le recrutement et l'utilisation d'enfants comme soldats constituent une violation directe de leurs droits fondamentaux, tels qu'ils sont consacrés dans la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant.
  3. Déplacement/séparation à grande échelle des enfants de leur famille
    Le conflit dans les deux régions a entraîné des déplacements massifs, des millions d’enfants étant arrachés à la sécurité de leur foyer et séparés de leur famille. Cela expose encore davantage les enfants à d’autres formes de violations, notamment les abus sexuels, la traite des enfants, le recrutement dans des groupes armés, qui aggravent toutes les conséquences déjà graves de la séparation familiale. Le déplacement à grande échelle d’enfants viole également leur droit à l’éducation et aux soins de santé, qui sont tous deux essentiels au développement et au bien-être de chaque enfant. La séparation des enfants de leur famille constitue une violation flagrante de leur droit aux soins parentaux et à ne pas être séparés de leur famille, tel que garanti par les articles 19 et 22 de la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant.
  4. Refus d’accès humanitaire
    Les acteurs humanitaires sont confrontés à des restrictions pour atteindre les enfants et les populations vulnérables dans le besoin, étant souvent eux-mêmes ciblés ou empêchés de fournir une aide vitale. Ce refus d'accès aggrave encore les souffrances des enfants, les privant de services essentiels tels que les soins médicaux, la nourriture, l'eau et l'assainissement.
  5. Enlèvement d'enfants
    En RDC comme au Soudan, les enlèvements d’enfants par des groupes armés sont devenus une horrible réalité. En RDC, des rapports récents indiquent que les enlèvements ont été multipliés par six. Les objectifs des enlèvements comprennent le recrutement et l'utilisation d'enfants comme soldats, la violence sexuelle, l'extorsion et/ou la rançon.

Malgré les nombreux appels internationaux et efforts diplomatiques, la situation continue de se détériorer. Ce Comité a le devoir moral et juridique d’agir de manière décisive et urgente.

Nous appelons le Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant à :

  1. Condamnons fermement les atrocités en cours et les violations généralisées des droits des enfants en RDC et au Soudan.
  2. Exhortons l’Union africaine et les organismes régionaux à intensifier leurs efforts pour parvenir à un cessez-le-feu et assurer la protection des civils, y compris des enfants.
  3. Exiger que tous les auteurs de violations des droits humains répondent de leurs actes par les voies juridiques appropriées, notamment par des enquêtes opportunes et systémiques et, le cas échéant, des poursuites et des condamnations, et garantir que toutes les victimes ont accès à la justice et aux services médicaux, de protection et de soutien dont elles ont besoin.
  4. Appel à un accès humanitaire sans restriction aux zones touchées par le conflit afin de fournir une aide immédiate aux populations qui souffrent, y compris les enfants.

Nous vous remercions pour votre aimable attention.

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