Déclaration de l'IHRDA
The theme of this year’s edition of the Day of the African Child is: « 25 ans après l’adoption de la Charte africaine des enfants : accélérer nos efforts collectifs pour mettre fin au mariage des enfants en Afrique ».
Depuis son adoption en 1990, 47 pays ont ratifié la Charte africaine des enfants, tandis que 7 ne l’ont pas ratifiée.
La « Journée de l’enfant africain » de cette année est unique dans la mesure où elle coïncide avec le 25ème Anniversaire de l’adoption de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, qui est le seul instrument régional sur la protection et la promotion des droits de l’enfant en Afrique.
Le mariage des enfants est un phénomène endémique qui nuit au bien-être et au développement des enfants dans la plupart des pays africains. Selon le Centre international de recherche sur les femmes (http://www.icrw.org/child-marriage-facts-and-figures), 15 pays africains figuraient parmi les 20 premiers au monde dans le classement du pourcentage de femmes âgées de 20 à 24 ans mariées avant l'âge de 18 ans en 2013. Le Niger, le Tchad et la République centrafricaine arrivaient en tête de liste des points chauds du mariage des enfants sur le continent et dans le monde, où au moins les deux tiers (2/3) des femmes des groupes d'âge ci-dessus se sont mariées avant l'âge de 18 ans. Dans d'autres pays comme la Guinée, le Mozambique, le Mali, le Burkina Faso, le Soudan du Sud et le Malawi, au moins 50 % des femmes du même groupe d'âge s'étaient mariées avant l'âge de 18 ans.
Les principaux facteurs qui ont souvent contribué à la prévalence du mariage des enfants en Afrique comprennent la pauvreté, la sous-éducation, en particulier chez les filles, et la religion.
Ce phénomène a des effets néfastes importants sur les petites filles. Le Centre international de recherche sur les femmes (ICRW) estime que :
Le mariage des enfants viole les quatre principes cardinaux des droits de l’enfant et un certain nombre de droits inscrits dans la Charte.
IHRDA se joint au Comité africain d'experts sur les droits et le bien-être de l'enfant pour commémorer cette Journée de l'enfant africain et faire avancer l'agenda régional (et mondial) pour les enfants.
Nous appelons les États parties à remplir leurs obligations en vertu de la Charte et exhortons ceux qui ne l'ont pas ratifiée à le faire. Nous exhortons les États à prendre des mesures appropriées pour éliminer ces pratiques qui portent atteinte au bien-être, à la dignité, à la croissance et au développement normaux de l'enfant, en mettant en place une législation fixant l'âge minimum du mariage à 18 ans et des mécanismes réglementaires garantissant son respect.
L’éducation des adolescentes contribue considérablement à minimiser la prévalence du mariage des enfants. Nous appelons donc les États à mettre en place des mesures qui contribuent à faciliter et encourager l’amélioration de l’accès des filles à l’éducation et de leur niveau.
Nous appelons les acteurs de la société civile à renforcer les actions de sensibilisation, de lobbying et de plaidoyer visant à faire avancer la cause des enfants.
Comme l’exige le thème de la Journée de l’enfant africain de cette année, nous exhortons les États, les institutions, les familles et les individus à chercher à apporter une valeur ajoutée à nos enfants ; accélérer les efforts pour éliminer le mariage des enfants ; et respecter les principes de la Charte africaine des enfants.

Institut pour les droits de l'homme et le développement en Afrique (IHRDA)
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