Honorable Président et membres du Comité africain d'experts sur les droits et le bien-être de l'enfant (Comité),
Excellences,
Honorables délégués d'État,
Mesdames et Messieurs,
L'Institut des droits de l'homme et du développement en Afrique (IHRDA) félicite le Comité pour la tenue de sa 42ème session ordinaire à Maseru, Lesotho.
IHRDA est une organisation non gouvernementale panafricaine dont le mandat est de protéger et de promouvoir les droits de l'homme et le développement en Afrique.
A cet égard, IHRDA et les membres du Pool des Avocats et Défenseurs des Droits de l'Homme au Mali, se félicitent de l'opportunité de partager leurs préoccupations sur les questions de mutilations génitales féminines et de mariages précoces, préjudiciables au bien-être des filles au Mali, comme dans de nombreux autres pays africains.
Comme beaucoup d’autres pays, le Mali ne dispose pas de loi criminalisant les mutilations génitales féminines (MGF) et le mariage des enfants, malgré la ratification de plusieurs conventions internationales interdisant ces pratiques coutumières néfastes, largement acceptées et répandues au Mali. Cela laisse les filles et les femmes sans recours ni protection contre ces violations des droits humains. L’Enquête Nationale Démographique et de Santé du Mali (EDSM, 2018) indique que :
En avril 2021, IHRDA et ses partenaires ont déposé une plainte devant la Cour de justice de la CEDEAO visant à faire pression sur le gouvernement malien pour qu'il adopte une loi contre les MGF. Nous tenons à souligner qu'une mesure similaire a été prise en juillet 2023 concernant la même question contre la Sierra Leone.
In May 2018, IHRDA and its Malian partner Association pour le Progrès et la Défense de Droits des Femmes Maliennes (APDF) a obtenu un jugement favorable contre le Mali de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, reconnaissant des violations des dispositions du Protocole de Maputo relatives à l’âge du mariage des jeunes filles. Le Code des personnes et de la famille du Mali autorise le mariage des filles à 16 ans, tandis que le Protocole de Maputo et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant fixent l’âge à 18 ans. La Cour a donc ordonné au Mali de réviser la loi susmentionnée pour se conformer à ses obligations internationales en vertu des instruments juridiques susmentionnés ; sensibiliser le public aux dispositions de ces instruments ; et d'assurer leur mise en œuvre. Ces dispositions restent non respectées par le gouvernement malien.
Par ailleurs, avec le soutien de l'IHRDA, l'APDF travaille quotidiennement sur la prévention et la protection des filles contre les MGF et le mariage des enfants, ainsi que sur l'autonomisation des adolescentes déscolarisées et déscolarisées à travers des formations dans des secteurs porteurs. Ces actions visent à contribuer au respect des droits fondamentaux des enfants au Mali. Ainsi, en 2023, 109 filles de 9 à 14 ans ont été sauvées du mariage avant l'âge de 18 ans (46 à Bamako et 63 à Nioro du Sahel), et 32 filles de 0 à 9 ans des MGF (3 à Bamako et 29 à Nioro) grâce aux actions conjuguées des mécanismes communautaires mis en place par l'APDF.
Dans cette optique, nous réaffirmons solennellement notre engagement en faveur de la promotion et de la protection des droits fondamentaux des enfants, et en particulier des adolescentes, au Mali et dans toute l’Afrique.
Nous exhortons le Comité à poursuivre son dialogue avec les États parties à la Charte et à leur faire comprendre la nécessité de prendre des mesures juridiques et autres pour éradiquer le mariage des enfants, les MGF et autres pratiques néfastes à l'égard des filles africaines.
Nous demandons au Comité d’exhorter le Mali à :

Institut pour les droits de l'homme et le développement en Afrique (IHRDA)
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P.O. Boîte 1896 Banjul, Gambie.
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