Banjul, 28 February 2024: Le 27 février 2024, l'IHRDA a déposé une plainte contre la Gambie devant la Cour de justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (la Cour de la CEDEAO) au nom d'un homme qui a été abattu par des membres de la Police gambienne (GPF) lors d'une manifestation étudiante en avril 2000.
La plainte indique qu'en avril 2000, plusieurs étudiants gambiens sont descendus dans la rue pour protester contre le viol d'une étudiante ainsi que contre la torture d'une autre étudiante par les agents des pompiers et des ambulances gambiens. Ils étaient accompagnés du chef d’état-major de la défense (CDS) des forces armées gambiennes. Sur leur chemin, ils ont rencontré un barrage routier au niveau des locaux de l'Unité d'Intervention Policière (CIP) du GPF. Ils se sont approchés des agents de la CEP, pensant qu'ils seraient autorisés à continuer, car ils étaient accompagnés du CEMD. Les agents de la CEP ont ouvert le feu sur les manifestants, causant la mort de quatorze (14) personnes et en blessant gravement d'autres. Le plaignant dans cette poursuite a reçu une balle dans le dos, le laissant paralysé. L'affaire a été entendue par la Commission gambienne de vérité, réconciliation et réparations et il a reçu une compensation financière d'un montant de dix-neuf mille dalasis (19 000 GMD), qu'il a rejetée car négligeable par rapport au coût du traitement dont il a besoin.
La plainte allègue qu’en raison de l’absence d’enquêtes et de poursuites efficaces contre les auteurs, la Gambie a violé le droit de la victime à un recours et à l’accès à la justice, et a manqué à son obligation de la protéger contre la torture, ainsi que de garantir son droit à la sécurité de sa personne. Il s’agit de droits et obligations inscrits dans plusieurs traités auxquels la Gambie est partie, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention contre la torture et autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants.
"Les écoliers qui sont descendus dans la rue exerçaient simplement leur droit à la liberté d'expression, en espérant que cela apporterait un changement positif. Nous pensons que la police aurait pu utiliser d'autres moyens légaux pour contrôler la manifestation... Grâce à cette poursuite, nous espérons que justice sera rendue et que le plaignant sera correctement indemnisé", a déclaré la directrice exécutive de l'IHRDA, Emilia Siwingwa.
Le plaignant demande à la Cour de la CEDEAO de déclarer la Gambie responsable des violations présumées des droits de l'homme ; d'ordonner à la Gambie de mener une enquête efficace, de poursuivre les auteurs des crimes, de verser à la victime une indemnisation pécuniaire pour les dommages subis et de lui apporter un soutien médical et psychosocial.

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