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COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Le Comité africain pour les enfants constate que le Ghana viole les droits des filles privées d'éducation en raison de pratiques coutumières néfastes le long de la rivière Offin

[Banjul, 6 November 2026] – Le Comité africain d’experts des droits et du bien-être de l’enfant (CAEDBE) a conclu que la République du Ghana avait violé la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant dans une décision concernant filles vivant dans des communautés le long de la rivière Offin dans la région d'Ashanti.

La communication concernait des jeunes filles des communautés de la région Ashanti qui devaient traverser la rivière Offin pour se rendre à l'école dans la ville de Kyekyewere, dans le district municipal d'Upper Denkyira East, en région centrale. Selon une coutume en vigueur dans ces communautés, il était interdit aux femmes et aux filles de traverser la rivière le mardi et pendant leurs menstruations, car on croyait que cela pouvait leur porter préjudice. De ce fait, les filles perdaient entre sept et douze jours d'école chaque mois, ce qui avait de graves conséquences sur leur scolarité.

Dans sa décision du 20 octobre 2026, prise lors de sa 48e session ordinaire à Maseru (Lesotho), le Comité, dans l’affaire Institut pour les droits de l’homme et le développement en Afrique et Solomon Joojo Cobbinah (au nom des filles vivant dans des villages le long de la rivière Offin, dans la région d’Ashanti) c. République du Ghana, communication n° 0019/Com/001/2022, a constaté que le Ghana avait violé les droits des filles à l’éducation et à la non-discrimination, ainsi que son obligation d’éliminer les pratiques sociales et culturelles néfastes. Le Comité a également constaté que le Ghana n’avait pas pris les mesures adéquates pour remédier aux effets discriminatoires de ces pratiques, malgré sa connaissance de la situation. Il a souligné que les États ont l’obligation de protéger les enfants contre les pratiques néfastes et la discrimination, y compris lorsque celles-ci découlent de pratiques coutumières qui ne sont ni directement créées ni appliquées par les autorités étatiques.

Le Comité a recommandé au Ghana d'accélérer la construction d'un pont permanent sur la rivière Offin, de mettre en place immédiatement des dispositifs de traversée sécurisés et de mener des actions de sensibilisation et de formation ciblées à destination des enseignants, des responsables de l'éducation, des jeunes filles concernées et de leurs familles. Il a également recommandé un soutien scolaire pour les jeunes filles concernées, des modalités d'examen appropriées, une révision des politiques excluant les communautés les plus petites et les plus isolées des infrastructures éducatives, ainsi qu'un dialogue soutenu avec les autorités traditionnelles afin de lutter contre cette pratique coutumière néfaste. Le Ghana est tenu de faire rapport au Comité sur la mise en œuvre de ces recommandations dans un délai de 180 jours à compter de la réception de la présente décision.

Commentant cette décision, Dr Abdulmalik Bello, a Legal Officer at IHRDA said: “Nous saluons chaleureusement cette décision importante, qui affirme que les États doivent prendre des mesures concrètes pour lutter contre les pratiques coutumières discriminatoires et protéger les droits des filles. Il s'agit d'une affirmation significative des droits à l'éducation et à l'égalité, ainsi que de l'obligation d'éliminer les pratiques néfastes à travers l'Afrique..”

Le co-requérant dans cette affaire, M. Solomon Joojo Cobbinah, déclare : « Aucune fille ni aucune femme ne devrait être empêchée de traverser une rivière parce que c’est mardi ou parce qu’elle a ses règles. Cette décision confirme une vérité simple : la culture ne doit jamais servir à priver quiconque de sa dignité, de son droit à l’éducation, aux soins de santé ou à la liberté de circulation. C’est une victoire pour les filles dont la voix a trop souvent été ignorée. Mais une décision sur le papier n’est qu’un début. Elle doit se traduire par un changement concret dans leur vie quotidienne. »

Cette décision renforce le principe selon lequel les États doivent faire plus qu'adopter des lois et des politiques interdisant la discrimination : ils doivent prendre des mesures concrètes, ciblées et soutenues pour garantir que chaque enfant puisse réellement jouir de ses droits.


Pour plus d'informations, veuillez contacter :

Maimouna Jallow

Responsable de la communication et des publications

mjallow@ihrda.org

Dennis Wangai Njoroge

Responsable de la communication et des publications

dnjoroge@ihrda.org

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