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L'ACERCW conclut à une violation par le Nigéria dans une affaire d'accusations de sorcellerie sur mineur.

Le Réseau des droits de l'enfant et de la réadaptation (CRARN), Le Centre pour les droits de l'homme (CHR) et l'Institut pour les droits de l'homme et le développement en Afrique (IHRDA), se félicite de la décision rendue le 23 avril 2026 par le Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant (ACERWC) concernant les accusations de sorcellerie d’enfants au Nigéria sous la communication n° 0017/Com/001/2021.

Décision du Comité

Dans sa décision, adoptée lors de sa 46ème Session ordinaire (26 novembre – 6 décembre 2025, Maseru, Lesotho), le Comité a constaté que le Nigéria avait violé :

  1. Article 5(1) et (2) : Droit à la vie, à la survie et au développement
  2. Articles 3 et 13 : Droit à la non-discrimination, y compris la non-discrimination fondée sur le handicap
  3. Article 11 : Droit à l'éducation
  4. Article 16 : Protection contre la torture et les mauvais traitements

Contexte de l'affaire

La communication a été initialement déposée le 7 décembre 2021 par CRARN, CHR et IHRDA au nom d'enfants victimes d'accusations de sorcellerie au Nigéria. Les éléments de preuve présentés ont démontré que ces enfants, souvent âgés de 3 à 14 ans, subissent de graves sévices suite à de telles accusations.

Les données indiquent que jusqu'à 81 % des enfants des rues sont victimes d'accusations de sorcellerie et de maltraitances. Ces pratiques, profondément ancrées dans les croyances culturelles et traditionnelles, ont été constatées dans plusieurs États, notamment Abia, Akwa Ibom, Bauchi, Cross River, Delta, Edo, Kaduna, Nasarawa et Taraba.

Les enfants accusés de sorcellerie sont fréquemment victimes de graves formes de violence, notamment des agressions physiques, l'abandon et, dans certains cas, la mort, impliquant souvent des membres de la famille, des acteurs communautaires et des figures religieuses.

Enquête du Comité

Le Comité a mené une mission d'enquête au Nigéria du 21 au 25 juillet 2025. La délégation a tenu des réunions et des consultations avec des représentants du gouvernement à Abuja et dans l'État d'Akwa Ibom et a visité des installations gouvernementales, notamment des abris, des écoles et des centres de santé. En savoir plus

Recommandations du Comité à l’État défendeur

Le Comité recommande :

  1. L’État défendeur doit entreprendre une cartographie exhaustive de la situation des accusations de sorcellerie afin d’identifier les zones où elles sont répandues et d’évaluer la vulnérabilité des enfants en se concentrant sur les États identifiés dans la présente communication ;
  2. Garantir l’interdiction explicite, par la loi, de la pratique consistant à accuser des enfants de sorcellerie dans tous les États de la Fédération, et harmoniser en conséquence les cadres juridiques existants ;
  3. Renforcer les capacités des forces de l'ordre et des membres du pouvoir judiciaire grâce à une formation ciblée sur l'impact des accusations de sorcellerie sur les enfants et la gravité des violences causées aux droits de l'enfant ;
  4. Mettre en place des unités spécialisées de surveillance et d’intervention chargées de recevoir les plaintes, d’enquêter sur les cas et d’appuyer les poursuites relatives aux infractions liées aux accusations de sorcellerie, et veiller à ce que ces unités disposent de ressources adéquates ;
  5. Mener des enquêtes approfondies et des poursuites contre les cas d’abus liés aux accusations de sorcellerie, assorties de sanctions appropriées pour dissuader cette pratique et lutter contre l’impunité ;
  6. Mener des efforts de sensibilisation importants et continus pour lutter contre la pratique des accusations de sorcellerie et impliquer les dirigeants communautaires, traditionnels et religieux dans l'élimination de la violence contre les enfants accusés de sorcellerie ;
  7. Fournir aux enfants touchés des services de soutien complets, notamment une protection physique, des soins médicaux et un soutien psychosocial, et mettre en place des mécanismes efficaces d’orientation et de signalement pour garantir l’accès à ces services, y compris l’accès à l’éducation.

Le Comité a demandé au Nigéria de soumettre un rapport sur la mise en œuvre de la décision du Comité dans les 180 jours suivant la réception de la décision, conformément à la section XXI (1) des Lignes directrices révisées pour l’examen des communications et le suivi de la mise en œuvre des décisions.

Notre appel commun à l'action

Tout en saluant la décision du Comité, nous appelons le gouvernement du Nigéria à :

  1. Veillez à soumettre en temps voulu son rapport de mise en œuvre dans le délai de 180 jours.
  2. Mettre en place un cadre de réintégration pour soutenir le retour des enfants touchés à l'éducation et à la vie communautaire.
  3. Prenez des mesures urgentes pour prévenir de nouveaux abus et garantir que les auteurs de violations rendent des comptes.

Le CRARN, le CHR et l'IHRDA continueront de suivre la mise en œuvre de la décision du Comité et de collaborer avec les parties prenantes concernées afin de soutenir les mesures visant à protéger les enfants contre les pratiques néfastes et à garantir la responsabilité en cas de violations. Cette décision constitue une étape importante vers l'élimination des pratiques néfastes à l'égard des enfants et le renforcement de la protection dans le cadre du système africain des droits de l'homme.

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