L'Institut des Droits de l'Homme et du Développement en Afrique (IHRDA) et Action contre l'Impunité pour les Droits de l'Homme (ACIDH) souhaitent exprimer leur profonde préoccupation sur le climat d'impunité qui règne après le viol de 126 femmes survenu à Minova en République Démocratique du Congo (RDC).
Une enquête de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO) a révélé que 126 femmes ont été victimes de viols par des soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Ces viols ont été commis en novembre 2012 à Minova, alors que les FARDC quittaient Goma après l'invasion des rebelles du M23. L'enquête de l'ONU a également désigné deux bataillons des FARDC comme auteurs de crimes contre les femmes. En mars 2013, selon l'ONU, seuls deux soldats avaient été arrêtés pour de multiples viols.[1]. La MONUSCO, par le biais d'ultimatum et d'autres moyens, fait pression sur le gouvernement congolais pour qu'il punisse tous les responsables de ces crimes graves. Les autorités congolaises ont promis que tous les militaires reconnus coupables de ces viols seraient punis.
Hormis cette affaire, plus de 200 000 personnes ont été victimes de viol en RDC depuis 1998[2] et le viol des femmes est utilisé comme arme de guerre. Une telle situation est non seulement alarmante mais aussi inacceptable d’autant plus que justice n’est pas rendue correctement.
IHRDA and ACIDH wish to recall that the international context marked by the need to make every effort to stop violence against women as reflected in the theme for the International Women’s Day on 8 March 2013: “A promise is a promise: Il est temps d’agir pour mettre fin à la violence contre les femmes”.
Par ailleurs, rappelant que la RDC a ratifié le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits de la Femme le 09/06/2008, l’IHRDA et l’ACIDH appellent la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (la Commission) à :
– Faire une déclaration urgente par l'intermédiaire de la Rapporteuse spéciale sur les droits des femmes pour encourager et exhorter le gouvernement congolais à poursuivre rapidement tous les responsables de viols ;
– Exhorter le gouvernement congolais à entreprendre toute enquête nécessaire et à créer un climat de confiance qui permettra à toutes les victimes cachées, de dénoncer et de rapporter les faits sans crainte.
– Contrôler la mise en œuvre des engagements de l’État congolais de poursuivre les responsables de 126 viols et de veiller à ce que les victimes bénéficient de réparations ;
– Entreprendre conformément à l’article 45.1.c. de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, toute action conjointe avec le Représentant Spécial de l’ONU chargé de la question des violences sexuelles dans les conflits et toute autre entité appropriée pour mettre fin aux viols et autres atteintes à l’intégrité des femmes en RDC.
L’IHRDA et l’ACIDH sont convaincues que l’action de la Commission est cruciale pour que la RDC cesse d’être considérée comme la « capitale du viol » comme certains la qualifient.
[1] http://reliefweb.int/report/democratic-republic-congo/lonu-donne-%C3%A0-la-rdcongo-une-semaine-pour-agir-contre-ses-soldats
[2] Violences contre les femmes dans l'Est de la République démocratique du Congo : quelles responsabilités, quelle complicité, disponible sur http://www.ituc-csi.org/IMG/pdf/ituc_violence_rdc_fr_lr.pdf

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